Partez en Italie et devenez amers !!!

Publié le 18/06/2011 dans Au-delà du Net par Soph Gourmetise - 3 Commentaires

 

Je ne vous promets pas un voyage empreint de coups bas, de trahisons et de méfiance. Non, je ne parle pas du « sentiment » mais de la saveur. Non, ne zappez pas, surtout.

Cette saveur vous la fuyez ? Et bien apprenez à l’apprécier. Et pour cela, rendez-vous en Italie, terre d’amour et de culture de l’amer. Enfin, avant de prendre votre billet d’avion, achetez le livre d’Emmanuel Giraud, simplement appelé « L’Amer » (Editions Argol). Emmanuel dit « En Italie, l’amer est de sortie à chaque repas, il aiguillonne les sens du premier ristretto matinal jusqu’au sombre amaro digestif que l’on sirote repu, dans la quiétude nocturne, un cigare toscan aux lèvres ». Il glisse même sur ce terrain : « Là-bas, l’amertume est joyeuse, sociale, évidente ». Voilà, c’est dit !

Mais qui est cet huluberlu, cet illuminé qui nous promet une découverte haute en délices autour de l’amer ? Sur mon parcours de curiosité culinaire inassouvie et je l’espère, jamais assouvie, j’ai eu la chance de croiser Emmanuel Giraud. Artiste et journaliste, entre autre, sur France Culture et dans les cahiers de la gastronomie. Il appartient au monde de la gastronomie et, un de ses univers à lui c’est le goût, la saveur. Intellectuel et disposant d’une culture assez impressionnante il pourrait faire pâlir ou intimider le moindre ignare en la matière (je m’inclus dedans…). Mais, il ne fait pas partie de ces personnalités qui s’affichent avec arrogance et se délectent de s’écouter devant les caméras. Emmanuel n’est pas avare de partage, loin s’en faut.

Pensionnaire pendant un an à la Villa Medicis dans la discipline « Arts Culinaires », Emmanuel s’est pris au jeu de cette saveur si typique et nous fait part de nombreux produits italiens qui font la gloire de l’amertume.

En premier lieu, évidemment, le café sous sa forme la plus concentré, le ristretto. Ca vous le connaissez.

Mais connaissez-vous les artichauts de Sant Erasmo ? Ces artichauts sont intéressants certes, mais ce qui fait leur renommé c’est le « Castraure », les premiers bourgeons qui sont coupés en début de saison et visuellement proches du chou de Bruxelles. Ils s’arrachent à prix d’or sur le marché de Pescheria, près du Rialto. En France vous pourrez le déguster, à la bonne saison, au début du printemps « Chez Alfred » au Palais Royal.

Et la chicorée, vous connaissez bien entendu ? En Italie, il en existe pas moins d’une vingtaine. Celle qui a eu les faveurs, entre autre, d’Emmanuel fut la Puntarrella, présentée sous forme de gros bulbe (proche visuellement du fenouil).

Le Campari vous connaissez, mais connaissez-vous le Fernet-Branca ? Si, si, souvent cette boisson trône sur les étagères de nos cafés, mais délicatement disposée en hauteur et l’étiquette masquée par la poussière, la bouteille fait partie des meubles. Liqueur, considérée au milieu du 19ème siècle comme un médicament, le Fernet Branca se doit d’être présent dans les cafés français pour apaiser virtuellement et visuellement les esprits un peu trop éthérés de nos piliers de comptoir. Les bistrotiers devraient leur faire goûter pour s’en défaire et le faire déguster aux gourmets en attente de saveurs inattendues.

L’amande vous connaissez ? Parfaite dans les pâtisseries, en effet. Mais l’amande amère, vous connaissez ? Ouah, attention c’est dangereux !!! L’amande amère contient du cyanure, tout comme les noyaux de nombreux fruits. Mais pas de panique, à trop faible dose pour supposer un quelconque risque d’empoisonnement.

Si vous avez franchis le cap du livre et que vous partez en exploration culinaire en Italie, allez flâner sur le marché Trionfale au Vatican pour admirer les variétés de légumes inconnues de nos yeux et de nos papilles.

Avec ce livre, feuilletez, revenez en arrière, enivrez vous de saveurs amères. Même si vous ne les appréciez pas, tenter de les approcher par écrit devrait vous ravir. Vous savez, un peu comme les enfants qui crient à l’effroi, à la terreur qui vous font vous traverser votre appartement en 1sec 30 pour aller le tirer des images horrifiantes de sorcière et monstres baveux dans un dessin animé. Mais à votre arrivée, votre enfant dans un semblant de terreur parfaitement maîtrisé ne descotche pas. « Car avoir peur c’est fascinant ».

Appuyons nous de cet exemple de l’enfant faussement apeuré. Dans la vie, rien n’est jamais perdu, elle est suffisamment longue pour qu’on parvienne combattre nos certitudes, nos aversions, surtout en terme de goût. Idéalement, l’éducation du palais devrait se faire dès le plus jeune âge. Un enfant est capable de tout goûter, sans jugement, son palais étant une voie d’exploration incroyable. Quel enfant n’a pas mis en bouche tout ce qui se trouvait sur son passage ? Quand je dis tout, c’est tout, du comestible au non comestible. Car finalement, ce sont nous, les parents, qui devons guider ces petites langues immatures et vierges de toute exploration culinaire antérieure, furent elles satisfaisantes ou non. Ce sont nous, les parents, qui transmettons nos tabous, nos dégoûts qui, à force de répétition deviennent les leurs. Et la première saveur que nous devrions leur soumettre devrait être l’amer. Au début, une grimace de dégoût assombrira leur visage. Recommencez, encore et encore. Et par la suite, cette grimace se transformera en illumination pour laquelle vous sombrerez.

Alors, partants pour cette découverte avant tout littéraire qui ensuite sera gustative, j’en suis certaine ? A 12€, 70 pages et une écriture fluide et accrocheuse, vous ne pouvez pas passer à côté.

Et vous connaissez cette expression si populaire « il n’y a que les c… qui ne changent pas d’avis ! ». Allez Zhou !

Rendez-vous sur Hellocoton !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

→ Tags:

3 Commentaires

  1. Tiuscha

    Un livre à acquérir… Sur Fureur des Vivres, nous avions traité l’amer il y a quelques temps, tout un mois dédié à cette saveur.
    Pour ce qui est de l’amande amère, je défie quiconque de la croquer telle que, à infuser oui mais sinon c’est assez immangeable ; c’est d’ailleurs face à la toxicité de nombreux ingrédients amers (plantes surtout) qu’est née une naturelle répulsion vis à vis de cette saveur.

  2. Hélène

    Ton résumé me donne envie de lire cet ouvrage.

  3. Stella Luigi

    Moi aussi tu m’as donné envie de le lire…

Laissez un commentaire

Les champs marqués d’un * doivent être remplis