Avouez-le, vous n’y connaissez rien en oeufs de Pâques

Publié le 27/03/2013 dans RDV calendaires par gourmetise - 9 Commentaires

Je vais vous proposer ce jour, une autre approche de Pâques pour en faire véritablement une découverte et un moment de plaisir plus fort….

Ca y est, à l’heure où vous me lisez, les cloches sont en route et je crois que je vais les détourner de leur parcours afin qu’elles aillent se fournir aux bons endroits. Mais pourquoi donc ?

Dans quelques jours nos têtes blondes vont débuter leur parcours du combattant pour dénicher sous les fougères, dans les bottes de paille, dans des recoins cachés des jardins de Papie et Mamie des oeufs, des poupoulettes, et autres hersatz de volatiles au chocolat (voire des créations totalement décalées), noir ou au lait. Bref, cette fête est un prêtexte pour les gaver (oui, en quelque sorte, il faut l’avouer…) en chocolat et autres sucreries.

Mais pourquoi ne profiterez vous pas de cette période pour éveiller leurs papilles (et les vôtres au passage !!!) au bon chocolat ? Hein, dites le moi, pourquoi ? Dans cette période de fête, l’ensemble du marché du chocolat est en émoi. Et, comme pour tout dans la vie, vous avez le choix entre le David et le Goliath : les grands industriels d’un côté, qui se battent pour vous vendre leurs pseudo créations chocolatées, et enfin les petits David, les artisans chocolatiers comme Jean-Paul Hévin, Patrick Roger, Jean-Charles Rochoux et j’en passe, ils sont nombreux (à ce propos, je vous invite à ménager vos godasses et vous propose de vous rendre dans le quartier latin, la quasi totalité d’entre eux l’ont investi, lisez l’article de l’an passé).

Oui mais (il parait que je pratique cette sentence avec beaucoup d’aisance…), back to basic !!! Pour quelles raisons véritablement achetez-vous et dégustez-vous des oeufs de Pâques ? « Pour les enfants, peu importe » vous allez me dire, mhh moyennement d’accord… En revanche, si jamais le goût du chocolat occupe tout de même une légère place dans votre choix, alors entre les 2 options, je pourrais éventuellement vous conseiller le 2nd choix. Des artisans passionnés qui rivalisent d’ingéniosité pour le bonheur total de nos papilles, qui sont français, qui oeuvrent jour et nuit et depuis leur plus tendre enfance pour votre bonheur (quand les autres sont fortement motivés par leur rentabilité, ne s’intéressent qu’à votre porte monnaie et toisent le mal du siècle, l’obésité, blablabla….).

Très belles illustrations pour Jacques Genin et ses oeufs peints à la main en collaboration avec l’artiste Mark Alsterlind (haut à gauche) ou ses oeufs Ile de Pâques simples (en bas à droite) Jean-Paul Hévin avec ce stiletto, sa signature éternelle (en haut à droite) à déguster avec précaution puis Hugo & Victor qui, chaque année propose réellement des oeufs très design empreints d’univers enfantin (en bas à gauche) :

Oui mais (et oui, je la ressasse non stop…) est-ce réellement le meilleur choix pour se procurer des oeufs de Pâques au chocolat le plus originel ? Pas certaine, car les artisans chocolatiers en question sont exceptionnels en effet, mais essentiellement pour l’art de travailler le chocolat. Et je dis bien le chocolat, pas le cacao… Leurs expertises s’expriment sur les bonbons de chocolat, les ganaches ou les pralinés. Ils excellent, et à ce titre, je ne peux que saluer leur courage et leur talent. En réalité, ils ne travaillent pas le cacao, ils s’approvisionnent en « couverture de chocolat » essentiellement auprès de Valrhona qui, lui, travaille la fève de cacao. Ceci étant, sur la base d’une couverture déjà existante, leur inventivité manuelle peut-être époustouflante, réellement.

Ah Stop, je vais trop vite !!! Excusez-moi. Mais Kesako, la couverture ? Pour faire rapide, la couverture en équivalent, c’est une tablette de chocolat. Et quand vous achetez des bonbons de chocolat c’est la « coque » du bonbon, celle qui craque sous les dents avant de laisser place soit à une ganache, soit à un praliné. Pour parvenir à réaliser une couverture (ou une tablette), il faut maîtriser la fève de cacao…

Et vous le savez (enfin pas certaine…), il n’existe pas qu’une seule fève de cacao, mais bien une mutiltude, en fonction de sa provenance (tant en terme de pays que de régions au sein d’un même pays). Et ensuite, le travail pour révéler ses arômes est simplement monumental (j’y reviendrai un jour, promis…)

Oui mais (Rahhhh, ça me reprend…), existe t-il des artisans chocolatiers qui travaillent le cacao ? Ouhhhh, mais bien entendu. Une petite poignée, 4 seulement en France : Stéphane Bonnat, Pralus, Bernachon (et récemment, Alain Ducasse qui a ouvert sa première boutique à Paris autour de la fève de cacao, pas testée, donc je ne me prononce pas) et enfin Valrhona qui joue sur les 2 tableaux (B to B B to C) : Business to Business donc les professionnels (et visant en priorité les artisans chocolatiers qui proposent des bonbons), puis Business to Consumer, vous donc, les particuliers. Vous m’avez suivi ?

En résumé, pas de plus belles occasions pour passer du temps après la récolte des petits autour d’un atelier dégustation de cacaos de différentes provenances.

Je vous propose donc de surfer sur cette devise, que je prône personnellement : peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Pourquoi ne pas profiter de cette période, comme beaucoup d’autres pour vous tourner vers du vrai chocolat et rendre hommage à ceux qui travaillent d’arrache pied la fève de cacao. Amusez-vous à faire voyager vos enfants (et vous de mêmes) grâce à des chocolats de divers pays ou au sein même de diverses régions.

Achetez donc dans des boutiques de jouets d’enfants, des oeufs joliment décorés qui n’attendent qu’â être garnis de merveilleux chocolats (disponibles aussi sur ce site ou simplement recherchez « oeufs à garnir sur Google). Ensuite achetez sur les sites internet et dans les épiceries de votre quartier des tablettes de chocolat de Bonnat (lire l’article rédigé précédemment), Pralus et Bernachon. Vous pouvez aussi ajouter à votre liste Marcolini qui travaille les fèves de cacao, mais je n’ai pas eu l’occasion de vérifier ce point sur l’ensemble de ces gammes (lui même propose des bonbons de chocolat).

Ou bien vous achetez directement les créations de Pralus, Bonnat ou Marcolini, faites votre choix :

Et ne me parlez pas de prix, svp…. L’achat de l’oeuf s’amortit très vite, année après année, et quant aux tablettes, vous n’êtes pas obligés de vous engager dans les tablettes d’exception qui, parfois, peuvent frôler les 7,5 euros.

Allez zhou, changez vos habitudes, achetez de bonnes tablettes, coupez des morceaux, garnissez vos oeufs et régalez vous, tous ensemble !!!

In fine, un peu comme pour tous les corps de métier, il pourrait être intéressant de se pencher sur les termes d’artisans chocolatier et d’être plus précis, de distinguer les différents savoirs-faire… CQFD…

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9 Commentaires

  1. Romain

    Merci Sophie ! Très intéressant et très drôle ! C’est tout toi en fait :)
    J’adore la tête de statue d’île de Pâques :)

    Bisous

  2. Sylvie

    Pour compléter « In fine », soyons clair, comme dans tous les corps de métier rien ne vaut un décryptage effectué par une spécialiste du chocolat….comme Lauranie! Ce serait bien, Sophie, de le rappeler surtout lorsque tu fais référence au travail de la fève, à sa provenance, aux arômes….cela nécessite une réelle connaissance et un certain recul quant à la dégustation…tout comme le vin, pour en parler il faut avoir du métier!
    A bientôt. Bises. Sylvie

  3. Gourmetise

    Exactement, tout à fait d’accord. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai remis en « Une » le decryptage » de Lauranie. Maintenant c’est une interview rapide, on ne rentre pas dans le méga détail, il faut la rencontrer.
    En revanche, toi, tu n’en as pas besoin ;)

  4. Gourmetise

    Oh Msieur Duwhite ;) De retour en France ? Ravie en tout cas et merci pour ce feed back, ça me touche !!!!

  5. Hélène

    Bonjour Gourmetise, voilà votre article est intéressant et juste dans sa généralité mais je ne suis pas d’accord avec vous sur certains points. Je suis chocolatière, et il n’y a pas QUE 4 chocolatiers en France qui « fabriquent » leur chocolat. La fabrication du chocolat représente un coût, surtout par rapport au temps de fabrication, qu’un petit artisan ne peut pas forcément se permettre. Valrhona, qui est un Industriel n’est pas le seul fournisseur en chocolat de couverture non plus…

  6. Gourmetise

    Bonjour Hélène,
    Merci de votre commentaire. Vous avez totalement raison, en effet, il n’y a pas que Valrhona (barry callebault si je ne me trompe pas) et j’ai entendu d’autres noms d’artisans. Alors oui, il doit en exister d’autres, j’aimerai tant qu’ils se fassent plus connaître ,)
    Surtout, l’essentiel à retenir c’est que j’aimerais plus de transparence et donc au final plus « d’éducation » du consommateur.
    Où êtes vous chocolatière ? Si j’en ai l’occasion, j’aurais plaisir à vous rencontrer.

    Sophie

  7. Hélène

    Là je suis entièrement d’accord, beaucoup de gens pensent que le « bon chocolat » se trouve en grande surface… Après, pas mal de chocolatiers ne fabriquent pas leur chocolat, mais le transforment ( on le reçoit sous forme de pistoles, petites pastilles de chocolat, que l’on utile soit pour confectionner des ganaches ou intérieurs à base de chocolat, soit pour l’enrobage des bonbons! je suis actuellement chez Chocolats et tradition, à Lourdes, nous sommes 3 à la fabrique, et oui je serai heureuse de vous rencontrer ça peut etre très intéressant !

  8. Gourmetise

    en plus dans une région que j’adore…. Malheureusement, je n’ai pas l’occasion de trop bouger en province. Une personne de ma fille habite près de Bayonne, si je parviens à programmer de la voir, je vous fais signe.
    J’adorerais !!!

  9. Hélène

    super ! vous avez mon mail, n’hésitez pas ;)

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