Cuizines : un fast food de chefs ?

Publié le 19/02/2009 dans Restaurants par Soph Gourmetise - 3 Commentaires

Cuizines a ouvert en 2007 au 17 rue Duphot dans le 1er. Pour les lecteurs assidus de Gourmetise, ils sauront donc qu’il se trouve en face de Bleu Canard qui me tient tant à coeur pour la qualité du service et des produits(http://www.gourmetise.com/3-concepts-de-restauration/bleu-canard-une-maniere-differente-de-traiter-la-gourmetise/).

Les deux fondateurs sont issus de l’industrie agroalimentaire et ont opté pour des parti-pris originaux et très impliquants pour le consommateur :

Proposer des plats cuisinés élaborés par des chefs mais sous forme de restauration rapide. Dans le paysage actuel, voilà un point différenciant des concurrents qui proposent des Bars à Salade (Jour, Elgi, CALM…) ou du fast food haut de gamme (Cojean, Naked, Bio Boa…). Pour atteindre leur objectif, ils font appel à 2 chefs (un ex de chez Loiseau et un pâtissier Meilleur Ouvrier de France). Le point de vente ne se prive pas  non plus de proposer des salades composées, des soupes, des sandwiches et évidemment une gamme de desserts.

Théâtraliser le lieu au moment de la commande. Petite explication : les plats sont visuellement disposés dans la vitrine froide. Au moment de la commande, le client indique sa sélection et dans la cuisine (semi ouverte) une personne s’empresse de le réchauffer. Excellente initiative, mais pour des actes de consommation rapide, je ne pense pas que le consommateur perçoive ce moment comme un mise en scène distrayante… en tout cas, je ne l’ai pas vécue de cette manière.

Présenter les plats dans des cassolettes : « ça change de la barquette traditionnelle ».

Quelques chiffres :

Superficie de 70M2, 400K€ d’investissement et un CA prévisionnel pour la première année de 670K€.

60 à 70 plats vendus par jour, 70% de la clientèle y ajouterait un dessert. Le ticket moyen s’élève à 11€.

L’approche architecturale du point de vente est plutôt très sobre. Personnellement, je ne suis pas fan de ces espaces très épurés, mais ça n’engage que moi. Les murs blancs sont recouverts de recettes détaillées. Au final, Cuizines n’est pas servi d’une identité visuelle facilement reconnaissable et donc impliquante sur le long terme pour le consommateur.

Maintenant, faisons notre choix de menu. Place à une vitrine froide plutôt bien garnie : les propositions de plats sont variées, tant en protéines de viandes ou de poissons – idem pour les autres gammes (soupes, salades, sandwiches). Notons tout de même une gamme de desserts pas très fournie et par ailleurs, pas très originale.

En termes de recettes concernant les plats, je ne suis pas très convaincue par la promesse « plats de chefs ». Elles sont consensuelles, plutôt appétissantes pour des plats présentés en barquette (important quand même), mais pas très originales :

1/

2/  

3/

4/

1/ Je ne l’ai pas noté, mais vous le présente pour sa proposition de poisson (cabillaud, je crois)

2/ Parmentier de Boeuf au cumin et miel, écrasé de pomme de terre

3/ Marmitte de Dorade aux graines de sésame, lit de fenouil, courgette et tomate confite.

4/ Le plat qui a été placé sur mon plateau : un Risotto Forestier (champignons donc). C’est dommage, j’avais commandé un Risotto aux crevettes !!! Peu importe, heureusement que cette recette me plait quand même.

Et pour revenir sur l’argument « cassolette », personnellement, je n’ai pas eu la sensation de consommer un plat dans une cassolette mais bien dans une barquette, certes ovale au lieu de ronde habituellement, mais en plastique. Pour moi, ce contenant ne représente pas un point de différenciation lourd. Mais peut-être ont-ils modifié leur contenant depuis la lecture de cet article (l’an passé, 21 février).

En termes d’assises enfin, une immense table d’hôtes pouvant accueillir 14 personnes est disposée en central et des manges debouts longent les deux murs. Alors, on a le choix entre :

- converser avec un mur seul ou déjeuner de travers pour pouvoir communiquer avec notre voisin

- tenter de converser avec son ou ses camarades de déjeuner sur la table d’hôtes en acceptant de partager (tant bien que mal) la conversation du collectif nous avoisinant ou que nos voisins inconnus s’incrustent dans notre conversation.

Pour ce moment de déjeuner, étant accompagnée et bien encombrée par mon ventre de femme enceinte, j’ai opté pour la grande table d’hôtes. Erreur ou pas ? En tout cas il a été (très) difficile de communiquer. Que de bruit, de brouhaha ! Heureusement, arrivées tradivement, 14h passées, ouf nous avons enfin pu nous entendre et partager sereinement.

Le plus important : l’assiette. Pas mauvais, mais pas excellent. J’ai été assez séduite par la soupe, savoureuse, onctueuse. Le risotto était bon, mais sans plus. Ma camarade de déjeuner, professionnelle de l’agro alimentaire, a soulevé un problème de remise en température qui gâche les qualités gustatives des ingrédients. Une cuisine assez commune en définitive qui mériterait de prendre le risque de s’essayer, sur certaines recettes, à plus d’audace culinaire.

En résumé : Un positionnement initial prometteur mais qui n’est pas parfaitement éxécuté sur la totalité du concept. Une cuisine sans risque, une intimité totalement exclue. Concept intéressant pour toutes personnes ne disposant pas de restaurant d’entreprise pour pouvoir consommer de vrais plats chauds. Tout en se laissant quand même tenter par Bleu Canard qui propose (en VAE ou sur place) aussi des plats chauds (mais aussi des salades, sandwiches…), plus traditionnels, dans un cadre éblouissant.

Un deuxième Cuizines : Musée du Jeu de Paume – 1 place de la Concorde – 75008 Paris

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3 Commentaires

  1. Stephane

    Une place ou j’aime dejeuner de temps en temps lorsque je viens dans le quartier L. a son bureau juste en face … Je n’ai jamais été déçu par leurs produits et leurs prix sont attractifs. Pour ce qui est de l’intimité ils ont retenu la table d’hotes qui est a la mode en ce moment et la superficie ne se prete pas a une intimité. Je testerais le canard la prochaine fois

  2. Marie

    j’y suis allée à l’ouverture et j’avais été très déçue. pas retournée depuis mais tu ne nous donnes pas très envie de retester ce fast food luxe

  3. Aurelien

    bilan

    sympa l’utilisation des nattes de bois dans la vitrine réfrigérée ça coute rien et ça apporte un peu de chaleur. Le C.A. du premier exercice n’etait pas à la hauteur de leurs espérances, souhaitons-leur plus de chances pour la suite.

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